Parfois sources de peur, les visites de classe peuvent provoquer chez les enseignant·es des sentiments d’injustice, voire d’humiliation. Le Ministère de l’Education du Bénin souhaite dissiper ces appréhensions, en faisant évoluer l’attitude des formateurs. En août 2024, APPRENDRE a mobilisé deux experts pour sensibiliser une quarantaine d’encadreurs à une autre approche de l’accompagnement pédagogique. 

Du 12 au 16 août, Christian Raoul Adekou, Ambassadeur et expert-relais APPRENDRE, et Sébastien Toukou, Inspecteur des Enseignements Maternel et Primaire au Bénin, ont formé des personnels d’encadrement pédagogique du primaire à l’Observation et à l’Analyse des Pratiques Enseignantes. 

Les deux experts ont présenté des méthodes et des outils pour mener des observations de classe, en prenant notamment pour exemple des grilles d’observation conçues dans le cadre d’autres formations APPRENDRE, à Madagascar et au Sénégal. 

Des ressources nécessaires pour apprendre à mettre les enseignant.es en confiance, comme l’a rappelé un participant : « Les visites de classes sont perçues comme des chasses aux sorcières. » 

L’atelier a réuni tous les métiers impliqués dans la formation continue des enseignants. Etaient ainsi présents des directeurs·rices d’école, des conseillers·ères et inspecteurs·rices pédagogiques et des responsables d’Unité Pédagogique. 



Découvrez leurs impressions sur la formation : 

« À l’issue de cette formation, je ne suis plus la même Directrice. Dorénavant, lorsque je suis en visite de classe, je saurai comment amener mon collaborateur à se rendre compte de ses propres erreurs, et comment lui offrir la chance de proposer des remédiations, tout cela dans un climat de confiance et de respect. 

Il est souhaitable que cette formation soit élargie au niveau des autres acteurs éducatifs afin que nous parlions enfin le même langage. » Pamom Ednise Kabibahou, Directrice d’école et Responsable d’Unité Pédagogique 


« La rigidité n’est plus de mise. L’analyse doit désormais prendre l’allure d’un échange en vue d’amener l’enseignant à identifier par lui-même ses difficultés et proposer des voies d’amélioration. » André Blaise Fanou, Conseiller Pédagogique 


« J’ai hâte de rencontrer mes collègues inspecteurs pour partager mes nouvelles trouvailles et leur permettre de changer à leur tour de casquette. » Frédéric Serge Hounkanrin, Inspecteur de l’enseignement du premier degré 


APPRENDRE organisera bientôt une deuxième formation sur cette thématique. Elle réunira cette fois des encadreurs de l’enseignement secondaire ! 


Pour en savoir plus sur les activités du programme au Bénin, cliquez ici. 

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Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.