Du 16 au 19 septembre 2022, les dirigeants mondiaux se sont réunis aux Nations Unies et se sont engagés à transformer l’éducation partout dans le monde. Les enseignants sont les moteurs de cette transformation ! Pendant la crise sanitaire, ils ont fait preuve de créativité et d’adaptation à toute épreuve, afin d’entretenir et développer les connaissances des élèves. Si les confinements ne sont plus à l’ordre du jour, certains défis, comme la distance parcourue pour aller à l’école, ou la multiplication des classes surchargées, pourraient être relevés grâce à l’utilisation d’outils numériques. Pour approfondir les compétences acquises sur le tas, les États misent plus que jamais sur les formations aux nouvelles technologies. APPRENDRE a répondu à leurs demandes avec l’appui du groupe d’experts n°2 « Ingénierie de formation et usage pédagogique des technologies ». MOOCs, formations hybrides, missions d’expertise…Un large éventail de solutions a été proposé. Parmi elles, le cours en ligne (SPOC) “Repenser les modèles de formation à l’ère du digital”, développé par Ahmed Almakari, Professeur de l’Enseignement Supérieur, Directeur du Centre d’Innovation Pédagogique (CIP) et Chargé de mission E-learning à l’Université Ibn Zohr, à Agadir.
“La transformation de l’éducation commence avec les enseignants”: telle est la thématique de cette Journée mondiale des enseignants, célébrée tous les 5 octobre depuis 1994.
Les TICE, tremplin d’une transformation de l’éducation ?
Qu’est-ce qu’une classe virtuelle ? Quelle est la différence avec un webinaire ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Comment animer un cours à distance en maintenant l’interactivité ? Comment s’assurer que les élèves ont fait leurs devoirs ?
Autant de questions auxquelles le Professeur Almakari et son équipe ont répondu dans le cadre d’un Small Private Online Course (SPOC). Destiné à un nombre restreint de formateurs d’enseignants, ce cours en ligne va au-delà des modèles classiques de formations, puisqu’il mêle à la fois cours à distance et cours en présentiel.
A la demande des pays, le SPOC a été suivi par des formateurs béninois et congolais.
Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.
À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.
En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.
Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.