Depuis 2021, le programme APPRENDRE accompagne activement le Congo dans la modernisation de son système éducatif. En juin 2025, une mission clé a lancé la planification des actions à venir jusqu’en 2027. L’objectif est de s’appuyer sur les succès déjà obtenus – comme la création de modules de formation en ligne pour les chefs d’établissement – et de déployer de nouvelles initiatives pour améliorer durablement la qualité de la formation des enseignants et enseignantes du pays.


Ce qui a été accompli au Congo 


Depuis 2021, APPRENDRE accompagne le Congo dans sa réforme éducative, en lien avec des stratégies nationales comme le Plan National de Développement (2022-2026) et la Stratégie Sectorielle de l’Éducation (2021-2030). Grâce à ce partenariat, voici ce qui a déjà été réalisé : 

  • Les compétences des enseignants communautaires ont été renforcées, notamment en lecture-écriture, sciences et mathématiques, pour le primaire et le secondaire. 

Un nouveau plan d’action qui s’étendra jusqu’en 2027  


En juin 2025, Mohamed Miled, membre du Conseil scientifique APPRENDRE, a mené une série de rencontres clés avec les principaux décideurs et partenaires du secteur éducatif congolais. Ces échanges ont été essentiels pour cerner les nouveaux besoins et les grandes orientations à suivre. À la fin de cette semaine intense, des ateliers, inaugurés par Jean-Luc Mouthou, ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, ont permis de bâtir les fondations du nouveau plan. 


Ce plan stratégique, dont la validation est prévue pour août 2025, s’articule autour de quatre axes prioritaires, définis en étroite concertation avec les responsables éducatifs congolais : 

  1. Conception et expérimentation d’un référentiel national d’observation des pratiques enseignantes (pour le secondaire).
  2.  Mise en œuvre ou renforcement de communautés d’apprentissage professionnelles (CAP) autour de l’analyse des pratiques.
  3.  Déploiement d’un système numérique (une plateforme nationale) de suivi et d’analyse des pratiques enseignantes, regroupant diverses ressources digitalisées , notamment celles d’APPRENDRE.
  4.  Renforcement des formations disciplinaires et didactiques de base, accélérées, pour les enseignants communautaires en français et en math (par la formation d’un noyau national de formateurs).

Par ailleurs, le thème de recherche suivant a été retenu, en attendant le lancement d’un appel et la constitution d’une équipe nationale : « Les liens entre les contenus de la formation initiale (ENS et ENFICE) et les prescriptions et pratiques pédagogiques dans l’enseignement secondaire congolais : quelles continuités, quelles ruptures ? »


Pour aller plus loin 


De 2025 à 2027, le programme APPRENDRE ne se concentrera pas seulement sur le Congo, mais aussi sur d’autres pays comme le Cameroun, les Comores, la Côte d’Ivoire, la Guinée, Madagascar, la République démocratique du Congo et le Sénégal. Les plans de travail annuels pour ces pays seront également élaborés au cours de l’été 2025. 

 Cliquez ici pour revoir le séminaire de lancement de cette nouvelle phase. 


Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.