Le Professeur Ibrahima Thioub livre dans un entretien vidéo les grandes priorités du Conseil scientifique dont il est à la tête depuis février 2023. Intelligence collective, collégialité, écoute et partenariat sont les maîtres-mots du successeur de la Professeure Koumba Boly Barry.

Dans une autre vie en tant qu’enseignant, chercheur, puis administrateur*, le Professeur Ibrahima Thioub a fait de l’amélioration de la qualité de l’éducation son cheval de bataille. Un engagement de longue date qui se traduit aujourd’hui par un mandat qu’il compte axer sur la restitution des résultats issus des projets de recherche soutenus par APPRENDRE, sur la valorisation des ressources pédagogiques produites dans le cadre d’ateliers de formation, sur la finalisation des Plans de Travail Annuel (PTA) des 26 pays partenaires du programme, et sur l’évaluation des actions menées jusqu’à présent. 


* Ibrahima Thioub a exercé, de 2014 à 2020, les fonctions de recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Professeur des universités, il totalise une expérience d’une cinquantaine d’années dans l’enseignement, de l’élémentaire au supérieur. Ses recherches et enseignements portent sur l’écriture de l’histoire, les systèmes de domination, les prisons, les esclavages et les traites en Afrique. 

Membre du Conseil d’Administration de l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’enseignement supérieur (Sénégal), Officier dans l’Ordre national du Lion (Sénégal), Commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques (France), lauréat du Prix El-Fassi (AUF), il est docteur honoris causa des Universités de Nantes, de Bordeaux-Montaigne et de Sciences Po. Paris. 

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.