La problématique de la maîtrise du français par les enseignants est récurrente à Madagascar, car nombre d’entre eux rencontrent des difficultés pour utiliser cette langue comme médium d’enseignement. Afin d’avoir une connaissance précise du niveau linguistique des enseignants, et leur offrir des supports de remédiation adaptés, APPRENDRE a proposé au pays de tester APPRENDRE-EV@LANG, une application de positionnement développée par APPRENDRE et France Éducation international. Fin juillet 2023, un premier atelier a permis de dresser la liste des enseignants qui vont passer le test, identifier les sites de passation, planifier et budgétiser l’ensemble du dispositif.

Du 24 au 28 juillet 2023, près de 80 enseignants et cadres des directions du Ministère de l’Éducation Nationale se sont réunis à Antsirabe afin de planifier la passation de tests de français sur le territoire, grâce à l’application APPRENDRE-EV@LANG. Spécialement conçue pour les enseignants, celle-ci leur permet de situer leur niveau de maitrise de la langue française, que ce soit en compréhension écrite et orale, qu’en production écrite. 


Pour voir la démo de l’appli, cliquez ici.

Pour assurer une meilleure représentativité des différents profils d’enseignant, et obtenir des données significatives, il a été décidé par les participants de faire passer les tests à 440 enseignants du primaire, du collège et du lycée, toutes disciplines et tous niveaux confondus. La prise en compte de ce critère de sélection permettra d’établir une éventuelle corrélation entre les diplômes et le niveau linguistique des enseignants. 

Les sites de tests cibleront 6 chefs-lieux de province (Analamanga, Diana, Boeny, Atsimo Andrefana, Atsinanana, Haute Matsiatra), ainsi que les quatre régions qui concentrent la majorité de la population enseignante (Sofia, Alaotra Mangoro, Fitovavy et Anosy).  

Selon les superviseurs de cette activité, Feno Andrianirina ( Directeur du Système d’Informations) et Helikanto Rakotovololona (la Point Focal du programme dans le pays), “le travail en groupe s’est avéré bénéfique pendant l’atelier, grâce à l’implication de personnes venant de différentes directions, ce qui a permis d’obtenir des perspectives et des expertises variées. Cette diversité a favorisé la contribution d’idées uniques sur les critères de choix.” 


En parallèle de ces activités de planification, et pour mieux anticiper d’éventuelles difficultés techniques, un focus group de 40 enseignants a expérimenté l’application. Le scénario d’encadrement établi à la suite de ces simulations permettra d’assurer de meilleures conditions d’examen. 


A la suite de cet atelier, un premier test sera mené auprès des 400 enseignants et 40 élèves maîtres au sein du Centre Régional INFP identifiés. Les retours d’expérience des enseignants seront par la suite exploités pour optimiser le dispositif. Ce travail sera coordonné par la Direction des Systèmes d’Information (DSI), sous l’égide du Ministère de l’Éducation Nationale (MEN). 

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.