APPRENDRE a pris part à un symposium de haut niveau dont le thème était “Réinventer l’Éducation pour un meilleur impact sur les résultats d’apprentissage en Afrique subsaharienne”. Organisé par les centres KIX Afrique 21 et KIX Afrique 19, il s’est tenu au siège de l’Union Africaine, à Addis Abeba, en Ethiopie, du 4 au 6 octobre 2022. Le programme était représenté par le Vice-Président et un membre du conseil scientifique du programme : Jean-Pierre Chevalier et Denise Orange Ravachol. Tour à tour modérateur, rapporteur, intervenant et maître de cérémonie, les experts reviennent aujourd’hui sur les temps forts de ces journées.


Transfert des résultats de la recherche 


Durant trois jours, des chercheurs, des acteurs éducatifs, des membres de gouvernement issus de 40 pays africains, mais aussi l’AUF, porteur d’APPRENDRE, ainsi que des partenaires du programme, tels que la CONFEMEN, l’IFEF, ou encore l’UNESCO, se sont réunis pour donner une visibilité accrue aux recherches, innovations et bonnes pratiques en matière d’amélioration des résultats d’apprentissage en Afrique subsaharienne. 
 

De nombreuses présentations ont illustré le dynamisme de la recherche africaine : propositions pour mieux accompagner les élèves ayant des besoins spécifiques, dispositifs éducatifs sensibles au genre, examen des opportunités offertes par les Ressources éducatives libres (REL), jeux éducatifs, nouveaux modèles pédagogiques (classe inversée, …) pour les classes à effectifs pléthoriques… 
 

La diversité des thématiques a montré l’ancrage des recherches dans la réalité du terrain. 


Des innovations éducatives au service des élèves 
 


Jean-Pierre Chevalier et Denise Orange Ravachol ont été mobilisés sur les trois journées du Symposium, afin de cadrer les échanges du panel de discussions sur « Les innovations post-crise », de rapporter les points forts de la session consacrée aux « Langues d’enseignement et améliorations des acquis », d’animer les présentations plénières de synthèse s’intitulant « Traduire la recherche en action politique ». 


Les innovations post-crise

Denise Orange Ravachol a également participé à l’ouverture de la troisième journée qui avait pour thème « Le rôle de la recherche pour éclairer le leadership, la gouvernance et la politique sur les résultats d’apprentissage des étudiants ». De son côté, Jean-Pierre Chevalier a saisi l’occasion de présenter le programme APPRENDRE, tout particulièrement son volet Recherche: 


L’animation du panel « Innovations qui améliorent les résultats d’apprentissage” a été confiée à Adrien Makaya, Enseignant-chercheur en psychologie de l’éducation au Gabon, qui avait suivi en 2021 une formation en Observation et analyse des pratiques enseignantes animée par le GTE 1 “Professionnalisation des acteurs”. Lors de la seconde journée, c’est en tant que rapporteur qu’il a participé à la session “Disparités dans les conditions/résultats d’Enseignements-Apprentissages”.


Coup de projecteur sur un projet de recherche soutenu par APPRENDRE 


Le symposium a également vu l’intervention de l’équipe béninoise du projet “Accrochage et décrochage scolaire lors de la transition primaire-secondaire au Bénin, au Gabon à Haïti et au Niger : une analyse des facteurs associés grâce à un modèle en pistes causales”. 
 

Les premiers résultats tirés de cette étude multi-pays ont été présentés par Augustin Gnanguenon.  
 

Pour en savoir plus : 

Page de présentation du projet 

Synthèse des premiers résultats au Bénin  

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une mission du programme APPRENDRE a travaillé avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA) et échangé avec les partenaires du secteur éducatif pour préparer les prochaines activités au primaire et au collège.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.