Pendant 5 jours, 9 inspecteurs, enseignants-chercheurs et formateurs d’enseignants ont débuté une formation à distance assurée par la Professeure Marguerite Altet et le Professeur Yann Vacher, qui s’étendra sur plusieurs mois. L’objectif des ateliers : former des référents qui aideront les enseignants à mettre en mots leurs difficultés, puis à recadrer et à formaliser leurs pratiques.

La démarche d’observation et d’analyse des pratiques professionnelles favorise la construction des compétences et des savoirs à mobiliser en situation de travail. Comment ? En faisant de l’enseignant un praticien qui réfléchit avant d’agir.  

La réflexivité est une aptitude qui ne se développe pas seul : il revient aux formateurs d’apprendre aux enseignants à prendre du recul sur ce qu’ils font et ce qu’ils font faire aux élèves. A partir de cette prise de conscience, le formateur peut engager l’enseignant dans un processus de changement et de développement professionnel.  
 

Avec l’appui dun formateur, l’enseignant doit être capable d’appréhender une situation d’enseignement/apprentissage, de prendre de la distance par rapport à son action, de la remettre en question, et d’adapter son enseignement à des situations singulières, au lieu d’appliquer des normes de “bonnes pratiques”. 
 
 

Afin de solidifier leurs connaissances et d’interroger leurs postures, 9 encadreurs du Cameroun, du Niger, du Burundi, du Gabon, du Sénégal, du Bénin, et du Burkina Faso, ont débuté une formation à distance, aux côtés de la Professeure Marguerite Altet, pédagogue et coordinatrice du GTE 1 « Professionnalisation des acteurs », et du Professeur Yann Vacher, Docteur en sciences de l’éducation et formateur à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE) de Corse, et membre du même groupe thématique d’expertise.  
 

Réunir un nombre limité de participants, tous issus de différents pays, permet de favoriser les échanges d’expériences, et la multiplication de points de vue sur des questionnements divers : quelles sont les démarches d’analyse de pratiques utilisées en formation d’enseignants initiale ou continue ? Comment les mettre en œuvre ?  Avec quels outils 
 

Les participants joueront un rôle clé pour leur pays, l’objectif de cette formation étant de capitaliser les connaissances acquises et de les disséminer. Un défi que tous semblent prêts à relever : 


1ère promotion des experts-relais sur l’Observation et l’Analyse des Pratiques 
Enseignantes : 

Victoire Fomekong Kenne, Inspectrice pédagogique national, chef de section de l’enseignement normal géneral, Cameroun

Mohamed Sagayar Moussa, Enseignant chercheur, Niger

Josias Ndikumasado, Chargé de cours à l’université du Burundi

Adrien Makaya, Enseignant chercheur en psychologie de l’éducation, Gabon

Mouhamadoune Seck, Enseignant chercheur, Sénégal

Innocents Ouedraogo, Enseignant chercheur, Burkina Faso

Alphonse Nagnon, Psychopédagogue, Burkina Faso

Etienne Ouedraogo, Directeur de la formation initiale des personnels enseignants, Burkina Faso

Christian Raoul Adekou, Docteur en sciences de l’éducation et chargé de cours à l’Institut National de la Jeunesse, de l’Education Physique et du Sport (INJEPS) à Porto-Novo (Bénin)

Actualités récentes

Langue maternelle et apprentissage de la lecture : au-delà des idées reçues 

Les débats sur la langue d’enseignement ressurgissent souvent sous forme d’alternatives simplistes : faut-il scolariser d’abord dans la langue maternelle ou basculer rapidement vers la langue officielle ? Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien, les élèves entrent pourtant à l’école dans des environnements plurilingues où ces oppositions ne reflètent pas la réalité des pratiques. Le multilinguisme est la norme, pas l’exception. La question n’est donc pas de « choisir une langue contre une autre », mais de comprendre comment, concrètement, on apprend à lire et à comprendre dans des contextes où plusieurs langues coexistent, et ce qui, dans les pratiques pédagogiques, fait réellement la différence pour les apprentissages fondamentaux. À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle (21 février), cet article propose de passer au crible plusieurs idées reçues à la lumière de travaux récents sur l’apprentissage de la lecture en contexte plurilingue. En fin de lecture, un quiz « idées reçues/réalité » invite à tester ses intuitions, et une ressource de référence est proposée pour prolonger la réflexion.

D’enseignant à formateur : un changement de métier qui ne va pas de soi 

Passer du métier d’enseignant à celui de formateur d’enseignants ne se résume pas à “enseigner autrement”. Présentée au dernier colloque international de l’AFDECE en janvier 2026, une recherche menée au Togo met en lumière ce que cette transition change concrètement dans le travail quotidien des formateurs et formatrices : nouvelles compétences, nouvelles attentes, nouvelles postures, et une identité professionnelle à recomposer.

10 projets lauréats pour agir sur les inégalités à l’école : les résultats du dernier appel à projets APPRENDRE

Le programme APPRENDRE présente les 10 projets lauréats de son appel « Éducation inclusive sensible au genre : contextualiser, expérimenter, comprendre et transformer ». Aménagement des espaces scolaires, outils pour les directions d’établissement, accompagnement des élèves en situation de handicap, évolution des pratiques de classe… Déployés dans sept pays (Bénin, Cameroun, Djibouti, Madagascar, Maroc, République démocratique du Congo, Sénégal), les projets entreront en mise en œuvre à partir de mai 2026. Ils testeront, sur le terrain, des dispositifs concrets pour renforcer l’inclusion et l’égalité de genre à l’école. Aperçu des expérimentations à venir.