Une avancée majeure se profile pour l’enseignement des sciences au Togo ! Du 9 au 13 juin 2025, le programme APPRENDRE a mené à bien la deuxième session d’un atelier clé. L’objectif : peaufiner des modules de formation en didactique des sciences, destinés aux enseignants du primaire et du secondaire. Ces ressources visent à renforcer leurs compétences en sciences de la vie et de la terre (SVT) et en physique-chimie, en adoptant l’approche par compétences (APC). À travers cette initiative, le Togo affirme sa volonté de moderniser l’enseignement des sciences en s’appuyant sur une formation initiale et continue de qualité.


De nouvelles orientations pédagogiques


Dans un pays engagé dans la réforme de son curriculum, désormais axé sur l’approche par compétences (APC), le diagnostic est clair : l’enseignement des sciences manque souvent d’expérimentation et de matériel concret, avec des leçons qui peuvent rester très théoriques. De nombreux enseignants se heurtent également à des difficultés liées à l’absence de formation continue et à la maîtrise des contenus scientifiques et pédagogiques. 


Une réponse concrète : la création de modules adaptés 


La création de modules de formation fait suite à l’élaboration des référentiels de formation sur la didactique des sciences au primaire et au secondaire selon l’APC, que le programme APPRENDRE a également appuyé.

Le programme APPRENDRE a mobilisé Frédéric Charles, membre du Conseil Scientifique du programme et Kossi Dziwonu Fafadzi Amewuho, expert national, pour encadrer la conception des modules pour le primaire, tandis qu’Eugène Oké, membre du Groupe Thématique d’Expertise “Promotion et enseignement des mathématiques et des sciences” (GTE 4) d’APPRENDRE et Palabimmé N’Zonou, expert national, se sont concentrés sur le secondaire.

La démarche a été pensée en plusieurs étapes clés. 

La première session, début mai, a posé les jalons. Sous la houlette de ces spécialistes, les participants ont conçu les ébauches de séances en sciences et technologie pour le primaire et le secondaire. La théorie a ensuite laissé place à la pratique : entre les deux sessions, formateurs et enseignants ont testé ces séances sur le terrain. 

C’est fort de ces retours que la seconde session a pris toute son ampleur. Les journées ont été consacrées à une analyse approfondie des expérimentations menées. Les échanges ont permis d’évaluer les pratiques, d’affiner les contenus existants et d’enrichir les propositions pédagogiques. L’effort principal a porté sur la conception de modules de formation de formateurs pour l’enseignement des sciences et technologies. Un travail minutieux d’amélioration des fiches didactiques déjà élaborées et d’optimisation des modules de formation a été réalisé. 


Des modules bientôt disponibles et prêts à l’emploi 


Actuellement en phase de finalisation, ces modules offriront une véritable boîte à outils complète : des séquences pédagogiques, des supports d’évaluation, et des exemples d’expérimentations simples et accessibles. Leur flexibilité permettra de les utiliser en formation continue, en auto-formation ou lors d’animations pédagogiques locales. L’ambition est claire : rendre les cours plus vivants, stimuler la curiosité des élèves et développer leur esprit scientifique


La voix des participants : Un bilan positif et des perspectives concrètes 


Les retours des participants témoignent de l’appropriation des acquis et de leur motivation à les diffuser. 

De son côté, Banlipo Djalogue, Professeur de sciences et technologie à l’école normale de formation des professeurs d’école, a mis en avant la pertinence des modules : « Cet atelier m’a permis de mieux cerner l’élaboration d’un module de formation. Les modules sont concentrés sur le développement de compétences pratiques et transversales, permettant aux élèves d’appliquer leurs connaissances dans des situations réelles. Les modules sont bien adaptés, répondent aux attentes des enseignants en matière de formation et d’engagement des élèves. » 

Komlavi Agligna, Inspecteur de l’éducation nationale, a mis en lumière l’importance de l’approche inductive : « Ce que j’ai retenu de cette formation, c’est de fournir à l’élève un support didactique ou un matériel concret accompagné de son schéma annoté, en vue d’amener l’élève à découvrir, lui-même, les nouveaux concepts en étude. En guise de conseil pratique, j’inviterai mes pairs à amener les enseignants à créer dans leurs écoles des jardins potagers, des enclos ou des espaces verts dans la cour d’école. » 

Actualités récentes

L’enseignement explicite au cœur des réflexions du programme APPRENDRE

Le Conseil scientifique du programme APPRENDRE publie une note de synthèse qui éclaire sa position sur l’enseignement explicite. Ce document, bien plus qu’une simple approbation, propose une lecture nuancée de cette approche pédagogique. Il reconnaît son efficacité pour remédier aux difficultés d’apprentissage, tout en soulignant l’importance d’une mise en œuvre réfléchie, adaptée aux contextes et aux besoins des élèves.

Le Tchad mise sur les ressources locales pour renforcer l’enseignement scientifique 

La Fondation La main à la pâte (LAMAP), organisme de formation en sciences prônant la démarche d’investigation en sciences, s’associe une nouvelle fois au programme APPRENDRE pour une mission d’expertise au Tchad. Ce partenariat vise à concevoir des outils didactiques destinés à l’enseignement primaire et secondaire. Fabriqués à partir de ressources locales, ces outils permettront aux élèves de découvrir, expérimenter et comprendre les sciences de manière concrète et ludique. Ce projet s’inscrit dans la continuité de collaborations fructueuses au Mali, au Togo et lors d’un séminaire international organisé en France.   

Bénin : Des ateliers pour transformer l’accompagnement des enseignantes et enseignants 

À travers deux ateliers organisés en août 2025, le programme APPRENDRE a initié l’élaboration de guides d’accompagnement pour les enseignantes et enseignants du primaire et du secondaire. L’objectif est de s’éloigner des méthodes d’inspection traditionnelles pour adopter une approche qui favorise l’entraide, le dialogue et le développement professionnel des actrices et acteurs de l’éducation.