Innocent Koffi, Maître de Conférences en Didactique des Sciences à l’Ecole Normale Supérieure d’Abidjan, a conduit un projet de recherche soutenu par APPRENDRE. Il présente aujourd’hui les résultats de cette étude, qui porte sur les pratiques relatives à l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques au collège.

Le système éducatif ivoirien connaît une pénurie d’enseignants de mathématiques. Pour réduire ce déficit, l’Etat de Côte d’Ivoire recrute exceptionnellement des diplômés des universités. Toutefois, les diplômes académiques des enseignants ne sont pas toujours en adéquation avec la matière qu’ils enseignent. 
 

C’est dans ce contexte que le programme APPRENDRE a soutenu un projet de recherche qui vise à caractériser les pratiques effectives de l’enseignement et apprentissage des mathématiques au collège, plus particulièrement l’enseignement des fractions en classe de sixième, mais aussi à répondre aux questions suivantes :  

  • Quels sont les liens qui existent entre les pratiques des enseignants et la performance des élèves en mathématiques ?  
  • De quels types d’encadrement et de supervision les enseignants bénéficient- ils ?  
  • Quels dispositifs de formation faut-il mettre en place pour améliorer les pratiques de classe en mathématiques à l’école primaire ?  
     

Le Professeur Innocent Koffi et son équipe ont tenté de répondre à ces interrogations en observant 8 enseignants, pendant 13 séances. Ces séances de classe ont été filmées puis retranscrites dans leur totalité, encadrées par deux entretiens.  



Que conclure ? 
 

Au fil du rapport, il apparaît des contraintes matérielles. Peu d’élèves ont des manuels et les enseignants méconnaissent ce qui aurait dû être enseigné en primaire. En ce qui concerne la composante cognitive, les propriétés des fractions sont connues par les enseignants de façon « instable ». 

Dans le domaine didactique ils ont une maîtrise de diverses techniques, mais ils n’ont pas recours à la métacognition quand l’élève fait une erreur. Sur le plan pédagogique, certains ont peur de faire travailler leurs élèves en groupe.  

Les enseignants interrogés ne font pas référence à une réflexion sur cet objet d’enseignement dans le cadre de leurs réunions. 

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Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.