La rentrée approche, avec une première entrée au collège pour de nombreux élèves. Que peuvent préparer les équipes éducatives et les familles pour faciliter ce passage ? Voici quelques pistes.


Le collège est encore inconnu et, très vite, il faudra savoir s’y déplacer, comprendre son fonctionnement, composer avec plusieurs enseignants et enseignants, suivre de nouvelles règles et trouver sa place dans un nouveau groupe. Cette accumulation mérite l’attention des équipes. 

Une équipe de recherche a étudié ce passage au Burkina Faso et en Guinée, en interrogeant élèves, familles, corps enseignant, directions et responsables éducatifs. Son travail s’intéresse aux dispositifs officiels, mais aussi à ce que les établissements font déjà localement pour préparer et accueillir les élèves.

À quelques jours de la rentrée, ses résultats donnent quelques pistes à regarder de près.


1. Enlever quelques inconnues dès le départ 


Où est ma salle ? Comment se passe une journée ? À qui demander de l’aide ? 

Une visite du collège peut déjà répondre à une partie de ces questions. Une direction peut en faire un petit parcours de découverte : les salles, la bibliothèque, les espaces communs, les adultes que les élèves rencontreront et les endroits où trouver de l’aide.

L’accueil peut aussi permettre aux élèves d’identifier rapidement les personnes vers qui se tourner. À Kindia, en Guinée, l’équipe de recherche a par exemple observé une initiative associant le conseiller à l’orientation et le surveillant à l’accueil des élèves. Elle cite cette pratique parmi les initiatives locales qui gagneraient à être valorisées et mieux structurées.

Le corps enseignant peut poursuivre ce travail en classe. Lors des premiers cours, expliquer explicitement comment seront donnés les devoirs, quel matériel apporter, comment se dérouleront les évaluations ou comment demander de l’aide évite de laisser les élèves deviner les nouvelles règles du jeu. 

À préparer pour la rentrée : une visite, un plan simple du collège, quelques personnes clairement identifiées et un temps pour les questions des élèves. 


2. Faire se parler celles et ceux qui connaissent déjà les élèves 


Une information précieuse peut se perdre entre juin et septembre : celle que possède l’équipe du primaire. 

La recherche menée montre justement que l’articulation entre les deux cycles reste fragile. Elle recommande d’instaurer des cadres de concertation entre les écoles primaires et les collèges d’un même territoire.

Une réunion peut partir de questions très simples : quelles méthodes de travail les élèves connaissent-ils déjà ? Qu’est-ce qui risque de les surprendre en arrivant ? Quelles difficultés ont été observées ? Quels élèves pourraient avoir besoin d’une attention particulière ? 

Pour une direction, une inspection ou une personne chargée de l’accompagnement pédagogique, une première vérification tient donc en une question : les équipes qui se passent les mêmes élèves ont-elles un moment pour se parler ? 


3. Ne pas attendre le bulletin pour voir qu’un élève perd pied


Les premières semaines donnent déjà des informations : absences qui se répètent, devoirs non rendus, matériel régulièrement oublié, chute rapide des résultats, retrait inhabituel en classe.

Aucun de ces signes ne raconte à lui seul ce que vit un élève. Mais plusieurs signaux qui s’accumulent, c’est une bonne raison d’aller voir ce qui se passe.

L’équipe pédagogique peut prévoir dès la rentrée un premier point quelques semaines plus tard : qui semble avoir trouvé ses marques ? Qui rencontre des difficultés ? Qu’est-ce qui pose problème ? Quelle aide peut être proposée rapidement ?

Selon les besoins et les possibilités de l’établissement, la réponse peut prendre différentes formes : un temps individuel avec un adulte, du tutorat, une reprise en petit groupe, un atelier ciblé ou une aide pour organiser le travail.

À préparer pour la rentrée : une date pour ce premier point, les personnes qui y participeront et quelques indicateurs simples à observer.


4. Donner plusieurs façons de trouver sa place 


L’intégration ne se joue pas uniquement pendant les cours. Un club, une activité sportive, un atelier créatif, une sortie ou un projet collectif donnent d’autres occasions de rencontrer des camarades, de connaître des adultes et de participer à la vie de l’établissement.

Pour une nouvelle collégienne ou un nouveau collégien, ces espaces peuvent compter dans la façon dont se construit le sentiment d’appartenance au collège. La question mérite donc d’entrer dans la préparation de la rentrée : quelles occasions les nouveaux élèves auront-ils de créer des liens pendant leur premier trimestre ?

Cela peut aussi conduire à regarder qui participe réellement aux activités proposées. Les élèves qui auraient le plus besoin de créer des liens y ont-ils accès ?

À regarder pour la rentrée : repérer deux ou trois activités auxquelles les nouveaux élèves pourront participer rapidement, les présenter dès les premiers jours et inviter directement les élèves qui restent en retrait, sans attendre qu’ils ou elles viennent spontanément.


5. Donner aux familles le mode d’emploi 

Les familles peuvent elles aussi découvrir le collège en même temps que leur enfant !

Qui contacter ? Comment suivre la scolarité ? Comment signaler une difficulté ? Vers qui se tourner si son enfant vit mal son arrivée ?

Une réunion de rentrée peut répondre à ces questions. Un support très court peut ensuite rester disponible : non pas un organigramme à décrypter, mais des entrées par besoin, avec la bonne personne à contacter.

La question du lien avec les familles ressort aussi de l’étude menée au Burkina Faso et en Guinée. Parmi les recommandations formulées par les personnes interrogées : créer des espaces de concertation associant les équipes du primaire et du collège, la hiérarchie et les parents. L’étude rappelle également le rôle que peuvent jouer les professeurs principaux comme relais entre les familles, les élèves, la direction et le corps enseignant.

À préparer pour la rentrée : quelques contacts clairement identifiés, un temps où les familles peuvent poser leurs questions et une information qu’elles pourront retrouver plus tard.


Sept questions à mettre sur la table avant la rentrée 


Pour une équipe éducative, une direction, une inspection ou un service ministériel, les résultats de ces recherches peuvent devenir une petite grille de préparation : 

  1. Les élèves découvriront-ils leur collège et son fonctionnement ?  
  1. Sauront-ils vers quels adultes se tourner ?  
  1. Les nouvelles habitudes de travail leur seront-elles expliquées ?  
  1. Les équipes du primaire et du collège auront-elles échangé ?  
  1. Quand fera-t-on un premier point sur les élèves qui rencontrent des difficultés ? 
  1. Quelle aide pourra leur être proposée rapidement ?  
  1. Les familles sauront-elles comment dialoguer avec l’établissement ?  

Certaines réponses demandent une décision à l’échelle du système éducatif. D’autres peuvent tenir dans une réunion, une visite ou une heure prévue dans l’emploi du temps. 


Envie de creuser ? 


La recherche menée au Burkina Faso et en Guinée n’épuise évidemment pas la question. Huit autres recherches soutenues par APPRENDRE ont étudié le passage de l’école au collège sous d’autres angles : accrochage et décrochage, éloignement géographique, continuité des apprentissages et des programmes, langues d’enseignement, inégalités d’accès ou pilotage des systèmes éducatifs.

Pour aller directement aux recherches sur la transition école-collège 
Retrouver les recherches de l’appel consacré à cette question, leurs résultats et leurs productions.

Pour écouter les équipes de recherche 
Revoir le séminaire consacré à la transition école-collège : restitutions des études, présentations, tables rondes et échanges sont accessibles en rediffusion. 

Pour prendre de la hauteur 
Consulter Éclairer les politiques éducatives par la recherche : apports, défis et enseignements de 46 projets, qui croise les enseignements de 46 projets et permet de retrouver leurs résultats et recommandations par grandes thématiques. 

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