Loin d’être un épiphénomène, l’épuisement croissant des professeurs stagiaires est une préoccupation pour de nombreux pays. Cela sollicite la prise en compte de cette problématique au sein des dispositifs de formation, et un accompagnement accru des étudiants par leurs tuteurs. Afin de proposer un plan de prévention qui permettrait d’améliorer le bien-être des enseignants stagiaires marocains au cours de leurs formations professionnelles au Centre Régional des Métiers de l’Education et de la Formation (CRMEF) de Rabat-Salé-Kénitra, le Professeur El Madhi et son équipe ont mené un projet de recherche qui identifie les causes de leur stress.

Dans le cadre des efforts fournis en vue d’améliorer la qualité de la formation pour une professionnalisation des métiers de l’éducation et de la formation, le ministère marocain de l’éducation nationale a créé 11 Centres Régionaux des Métiers de l’Education et de la Formation (CRMEFs).  
 

Comment les professeurs stagiaires vivent-ils leur formation au sein de ces centres ? Arrivent-ils à suivre la cadence ? Comment les aider à jongler entre préparation des cours et temps de service en classe ?  
 

Le stress chez les professeurs stagiaires peut avoir de nombreuses conséquences : dépression, abandon en début de carrière, mauvaises relations avec les élèves…Il convient donc de lever le voile sur ces questions, en y apportant des réponses contextualisées. C’est l’objectif que se sont donné le Professeur El Madhi, Directeur de Laboratoire de Recherche : Éducation, Environnement & Santé (EES) au CRMEF Rabat/Salé/ Kenitra, ainsi que son équipe, à travers un projet de recherche soutenu par APPRENDRE. 
 

Dans cette vidéo, le Professeur nous explique la méthodologie utilisée pour mener cette étude, et nous parle de ses résultats, en mettant en exergue les facteurs de stress chez les étudiants des CRMEFs : 

 
 

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une mission du programme APPRENDRE a travaillé avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA) et échangé avec les partenaires du secteur éducatif pour préparer les prochaines activités au primaire et au collège.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.