Comment les enseignants perçoivent et mettent en œuvre le programme de géographie dans les lycées et collèges au Sénégal ? Pour répondre à cette question, Mamadou Bouna Timera, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop et Inspecteur général de l’Education et de la Formation, a coordonné un projet soutenu par le programme APPRENDRE.

Le Professeur Mamadou Bouna Timera a mené le Projet sur les usages du programme de géographie ans les lycées et collèges du Sénégal (PURGES). Ce projet repose sur l’hypothèse que l’application stricte des programmes est un critère de qualité des apprentissages. Pourtant, des observations empiriques montrent des pratiques différenciées et souvent décalées des prescriptions

Cette étude, réalisée par les laboratoires de Géographie Humaine (LABOGEHU) et de la Géographie scolaire (LOGOS) de l’Université Cheikh Anta Diop, a combiné les approches quantitative et qualitative de collecte des données, met en exergue les formes d’usages des programmes, tout en identifiant les conformités et/ou les écarts avec les prescriptions méthodologiques, pédagogiques et axiologiques. 

Les transcriptions d’entretiens, les rapports d’inspection, les cahiers de texte ainsi que les fascicules et manuels scolaires ont été mobilisés comme corpus d’analyse en vue de mettre en évidence les pratiques d’usage ainsi que les conceptions et les motivations qui les fondent.

Un questionnaire a été administré à 365 enseignants répartis entre les établissements moyens et secondaires des académies à travers 6 régions. Parallèlement, des entretiens sur les perceptions et les pratiques ont été réalisés auprès de 126 individus.


Résultats


Pour en savoir plus sur le projet, écoutez la présentation du Professeur Timera:


Actualités récentes

Langue maternelle et apprentissage de la lecture : au-delà des idées reçues 

Les débats sur la langue d’enseignement ressurgissent souvent sous forme d’alternatives simplistes : faut-il scolariser d’abord dans la langue maternelle ou basculer rapidement vers la langue officielle ? Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien, les élèves entrent pourtant à l’école dans des environnements plurilingues où ces oppositions ne reflètent pas la réalité des pratiques. Le multilinguisme est la norme, pas l’exception. La question n’est donc pas de « choisir une langue contre une autre », mais de comprendre comment, concrètement, on apprend à lire et à comprendre dans des contextes où plusieurs langues coexistent, et ce qui, dans les pratiques pédagogiques, fait réellement la différence pour les apprentissages fondamentaux. À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle (21 février), cet article propose de passer au crible plusieurs idées reçues à la lumière de travaux récents sur l’apprentissage de la lecture en contexte plurilingue. En fin de lecture, un quiz « idées reçues/réalité » invite à tester ses intuitions, et une ressource de référence est proposée pour prolonger la réflexion.

D’enseignant à formateur : un changement de métier qui ne va pas de soi 

Passer du métier d’enseignant à celui de formateur d’enseignants ne se résume pas à “enseigner autrement”. Présentée au dernier colloque international de l’AFDECE en janvier 2026, une recherche menée au Togo met en lumière ce que cette transition change concrètement dans le travail quotidien des formateurs et formatrices : nouvelles compétences, nouvelles attentes, nouvelles postures, et une identité professionnelle à recomposer.

10 projets lauréats pour agir sur les inégalités à l’école : les résultats du dernier appel à projets APPRENDRE

Le programme APPRENDRE présente les 10 projets lauréats de son appel « Éducation inclusive sensible au genre : contextualiser, expérimenter, comprendre et transformer ». Aménagement des espaces scolaires, outils pour les directions d’établissement, accompagnement des élèves en situation de handicap, évolution des pratiques de classe… Déployés dans sept pays (Bénin, Cameroun, Djibouti, Madagascar, Maroc, République démocratique du Congo, Sénégal), les projets entreront en mise en œuvre à partir de mai 2026. Ils testeront, sur le terrain, des dispositifs concrets pour renforcer l’inclusion et l’égalité de genre à l’école. Aperçu des expérimentations à venir.