Patrick Bouveau nous a quittés le 9 août 2021. Ancien maître de conférences, il était un spécialiste reconnu et apprécié dans sa discipline, les sciences de l’éducation. Consultant international pour l’Union européenne, l’Agence Universitaire de la Francophonie, l’UNICEF ou encore l’AFD, il a également œuvré pour sa ville de cœur, Vézelay. APPRENDRE, qui lui doit beaucoup, rend aujourd’hui hommage à son militantisme et à son engagement sans faille en faveur d’une éducation de qualité pour tous.


Patrick Bouveau était un exemple éminent de la perméabilité entre la pratique et la recherche. Enseignant-chercheur, puis consultant, le fil directeur de son intérêt scientifique était la lutte contre l’échec scolaire et l’exclusion sociale. 

Il a débuté sa carrière en tant qu’instituteur en Seine-Saint-Denis, puis est devenu coordinateur de Zones d’Education Prioritaire (ZEP). De 1992 à 2005, il fut membre du Conseil scientifique du Centre National de ressources sur les pratiques éducatives en milieu difficile, à l’Institut National de la Recherche Pédagogique. Sa prise de fonction à l’Institut universitaire de formation des maîtres du Nord Pas de Calais, puis l’IUFM des Sciences de l’Education de Bourgogne, ne l’éloigna en rien de cette thématique, puisqu’il y exerça en tant que responsable des dispositifs de formation des enseignants travaillant en ZEP. 

Soucieux de transmettre ses connaissances au plus grand nombre, Patrick Bouveau est également l’auteur de plusieurs ouvrages de référence : 

  • Patrick Bouveau et Jean-Yves Rochex. Les Zep : entre École et société. Ed Hachette éducation, CNDP, collection ressources, formation, enjeux du système éducatif. 1997, 126 pages 
  • Bouveau, P., Cousin, O. et Favre, J. L’École face aux parents : analyse d’une pratique de médiation. Paris, France ESF éditeur, 2007, 183 pages

Une fois à la retraite, Patrick Bouveau continua à se consacrer à la cause qu’il s’était choisie et dont rien ne l’avait détourné. Sillonnant l’Europe, l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Océan Indien, il a mis son expertise et ses convictions au service des Ministères de l’Education désireux de consolider leurs stratégies d’accompagnement des élèves en difficulté, ou de partenaires techniques cherchant à mesurer les effets de changements induits par les programmes qu’ils financent.

Ces appuis institutionnels l’ont également conduit à soutenir le programme APPRENDRE, qui lui doit notamment la rédaction du Plan de Travail Annuel des Comores, ainsi qu’une étude d’appui à la conception d’un nouveau modèle d’organisation de l’Institut National de Formation Pédagogique (INFP) et d’un plan d’action pour sa mise en place. Par ailleurs, il a coordonné la rédaction d’un rapport d’études sur les systèmes éducatifs de 8 pays, qui avait fait l’objet d’un séminaire de restitution à distance, en novembre 2020. 



Merci à Patrick Bouveau, qui a marqué l’histoire du programme APPRENDRE, et contribué à son succès. 

Les efforts qu’il a fournis toute sa vie servent d’exemple et renforcent l’engagement de tous ceux qui œuvrent en faveur des mêmes objectifs. 


 

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.