Depuis quelques années, le Bénin entend dépoussiérer les pratiques d’évaluation et généraliser l’Approche Par Compétences. Evaluer par compétences exige de ne plus s’intéresser exclusivement à la quantité de connaissances que possèdent les élèves, mais à la manière dont ces derniers les mobilisent. L’autonomie de l’élève est au cœur même de cette approche, ces derniers devant se fixer des objectifs et évaluer leur progression. Afin de rendre cette approche opératoire, le programme a organisé au mois de juillet 2024 une formation à l’intention de 80 formateurs d’enseignants.

Cyprienne Félicité Sagnon et Marie Paule Yaméogo, expertes APPRENDRE, ont animé du 22 au 26 juillet 2024, à Bohicon, deux formations avec l’appui de deux experts nationaux, Dètondji Amour Ulrich Sotinkon et Datagou Kassa. 


Le premier groupe de participants a finalisé la rédaction d’un guide sur l’évaluation des élèves, tandis que le second a accru ses connaissances en la matière. Un travail nécessaire, selon Comlan Agohoundje, Inspecteur de l’enseignement technique et professionnel : 

“Cette formation m’a permis de comprendre que les annotations sur les copies des apprenants peuvent les motiver à mieux faire si elles sont bien formulées. Je retiens que les apprenants doivent être associés dans le processus d’évaluation des apprentissages en utilisant des outils appropriés, soit par l’auto-évaluation, la co-évaluation ou l’évaluation par les pairs.” 


Jean Paul Bio Ghéo Lafia Mora, Conseiller Pédagogique de philosophie à Parakou, a également salué cette nouvelle manière d’évaluer les élèves : 

“L’annotation positive des productions d’apprenants est plus humaine et pédagogique. L’apprenant se sentant respecté, compris et valorisé, s’investira volontiers pour faire des progrès. Si la coevaluation est une pratique très courante, il reste à mettre également en œuvre l’auto-évaluation et l’évaluation par les pairs pour améliorer les apprentissages et les remédiations. Je profiterai du reste des vacances pour approfondir mes connaissances afin d’améliorer mes pratiques pédagogiques et d’aider, à mon tour, les enseignants à améliorer leurs pratiques pédagogiques.”



Pour Coomlan Lucien Glele Langanfin, Inspecteur de l’enseignement secondaire, il s’agit à présent de mettre en œuvre de nouvelles pratiques : “Les dimensions améliorative des annotations étaient connues de l’enseignant et de l’inspecteur que je suis, mais pas mise en application de façon systématique dans mes activités d’accompagnement et de présidence des jurys de correction d’examens.” 


Une expérience tout aussi positive pour Justin Houandjissi, Inspecteur de l’enseignement secondaire à Kandi :  

« Cette formation fut enrichissante à plus d’un titre. L‘évaluation doit cesser d’être la chasse gardée de l’enseignant, d’où les concepts d’auto-évaluation, de co-évaluation et d’évaluation par les pairs. Autre gain significatif pour ce qui me concerne, la construction de grilles descriptives avec des échelles bien précises qui concourent à plus d’objectivité dans l’évaluation de productions d’apprenants et par ricochet à la réduction des biais. Mention spéciale à l’équipe de formateurs, Madame Sagna et Monsieur Sotinkon, pour la qualité des ressources théoriques partagées, l’importance significative accordée au volet pratique de la formation, l’efficacité dans l’accompagnement et la sagacité dans leurs feedbacks et interventions au cours de cette formation. »


Vous souhaitez vous aussi développer vos compétences en évaluation des apprentissages ? En prélude à la publication de modules de formation, le groupe d’experts APPRENDRE « Promouvoir une culture de l’évaluation en soutien à l’apprentissage” a animé trois webinaires sur ce sujet.  

Pour les revoir, cliquez ici.  

Les modules de formation seront très prochainement publiés sur le site du programme. 

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Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.