Du 22 au 26 avril 2025, des encadreurs pédagogiques du primaire et du secondaire, venus de différentes régions de Côte d’Ivoire, ont participé à une session de formation intensive. L’objectif ? Repenser leur posture professionnelle, affiner leur regard sur les pratiques enseignantes et s’outiller pour un accompagnement plus constructif, centré sur l’analyse plutôt que sur l’évaluation. 

Atelier dédié aux encadreurs pédagogiques du primaire, animé par le Pr. Afsata Pare-Kaboré et M. Kouame Konan Célestin.


Au cœur des ateliers : l’élaboration et la prise en main de grilles d’observation conçues pour faciliter une lecture fine et objective des pratiques enseignantes. Ces outils, pensés pour une utilisation aussi bien individuelle qu’en collectif (cellules pédagogiques, journées pédagogiques, regroupements d’écoles), ont pour vocation de renforcer la réflexion, de susciter l’analyse partagée et de nourrir les plans de remédiation. 

Nombreux sont les participants qui soulignent l’évolution de leur regard sur leur propre rôle. Comme le résume Yolande Agoh Marphyle Monney : 

« En tant qu’encadreur, notre mission première doit être d’accompagner l’enseignant et non de l’évaluer. L’enseignant doit pouvoir déceler lui-même ses difficultés et construire des pistes d’amélioration, avec notre appui. » 

Une conviction partagée par Clémentt Ahosssi N’Goran : 

« Je retiens que je dois changer de posture : être un accompagnateur, un facilitateur, et non un évaluateur. Je dois faire appel à la réflexivité de l’enseignant par la métacognition. » 

Les échanges entre pairs ont été au cœur de la formation. Plusieurs participants ont souligné la richesse des discussions, l’apport des analyses collectives, et la valeur du partage d’expériences. 

« Cet atelier nous a permis de voir les visites de classe sous un autre angle. Observer, analyser, sans porter de jugement. J’ai surtout apprécié les échanges entre pairs », confie Mme Dembele. 


Vers une expérimentation en situation réelle 


Cette phase de formation se prolongera par une expérimentation sur le terrain. Les encadreurs auront l’occasion d’identifier des besoins concrets dans les écoles, d’observer des séances, puis de tester les grilles en situation réelle. 

En filigrane, c’est une transformation culturelle du rôle de l’encadreur qui s’opère : passer du contrôle à l’accompagnement, de l’évaluation à l’analyse partagée, du jugement à la co-construction. 


Comme le souligne Kamissoko Maramory : 

« Le conseiller pédagogique, en tant qu’accompagnateur, doit se joindre à l’accompagné, avancer avec lui et non devant lui. Il doit favoriser la métacognition lors des échanges pour installer durablement les compétences. » 

Cette évolution est désormais amorcée. 



Actualités récentes

Bénin : la recherche-action « Agir pour la promotion d’écoles béninoises inclusives et sensibles au genre » (APEBISG) présentée au Togo

Au Bénin, neuf établissements scolaires vont servir de terrain d’expérimentation à une recherche sur les liens entre gouvernance scolaire et pratiques pédagogiques inclusives. Le 6 octobre 2026, aux Journées scientifiques internationales de Lomé, au Togo, le Dr Clément Coovi Bah, de l’Université d’Abomey-Calavi, a présenté les fondements de cette démarche et les étapes prévues sur le terrain. Intitulée « Agir pour la promotion d’écoles béninoises inclusives et sensibles au genre » (APEBISG), cette recherche-action bénéficie du soutien scientifique et financier du programme APPRENDRE. Visionnez sa présentation dans la suite de l’article.

Maroc : après le décrochage scolaire, quelle deuxième chance pour les filles vulnérables ?

Selon de récents rapports du ministère de l’Éducation nationale, près de 280 000 élèves ont quitté l’école au Maroc dont environ 160 000 au niveau du collège. Les Écoles de la Deuxième Chance – Nouvelle Génération (E2C-NG) leur offrent une voie de retour vers la formation et l’emploi. Mais pour les filles, les difficultés qui ont interrompu une première scolarité peuvent continuer à peser sur la suivante. Dans douze centres de Casablanca-Settat et Marrakech-Safi, 300 jeunes vont participer à une recherche consacrée à ce qui permet réellement de raccrocher. Elle bénéficie du soutien scientifique et financier du programme APPRENDRE.

Enseigner aujourd’hui : ce que racontent 11 recherches dans 9 pays africains 

D’ici 2030, il faudra recruter 44 millions d’enseignantes et d’enseignants dans le monde, dont près de 15 millions en Afrique subsaharienne. Un défi de recrutement, mais aussi de maintien dans le métier : chaque départ en cours de carrière remet une pièce dans la machine à pénurie. De la première affectation aux possibilités d’évolution, 11 recherches menées dans 9 pays africains montrent où se joue la suite d’une carrière enseignante et dégagent six pistes pour éviter de perdre en chemin une partie des personnels dont les systèmes éducatifs ont besoin.