Après avoir suivi une formation assurée par le groupe d’expertise thématique (GTE) 5, qui s’était étendue sur plusieurs mois, 4 experts du Bénin et du Tchad ont mené des ateliers auprès d’une quarantaine d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques, en vue de démultiplier les contenus reçus.

La lecture et l’écriture constituent l’épine dorsale de la réussite des jeunes apprenants. Toutefois, il ressort des résultats du Pasec 2019 qu’en fin de scolarité primaire, 77% des élèves tchadiens ne disposent pas de connaissances et compétences suffisantes pour lire, écrire et comprendre des textes.  

 
Au Bénin, des difficultés liées à la qualité de l’enseignement dispensé subsistent, tant à l’oral qu’à l’écrit. Les différents acteurs de l’école béninoise ne cessent d’exprimer des préoccupations quant à la qualité des acquis des élèves, préoccupations confirmées par les rapports PASEC 2014 et 2019. 
 

Ces difficultés sont parfois liées à la non-maîtrise méthodologique de certains enseignants, qui n’arrivent pas à conduire comme il se doit les premiers apprentissages de la lecture. A noter que les enseignants qui évoluent au primaire ne sont pas tous des enseignants qualifiés, il n’ont pas tous suivi de formation initiale. 


Développer de nouvelles pratiques enseignantes grâce à l’expertise des encadreurs pédagogiques 


Au cours du mois d’octobre, des ateliers ont été animés par les experts Félix Oloni et Géraldine Dossi, au Bénin, ainsi que Dewa Goloum et Dainro Madjibeye Djimodingar, au Tchad. Les ateliers ont eu pour objectif de façonner des maquettes de formation, dont les bénéficiaires seront des enseignants et élèves maîtres dans les régions pédagogiques, écoles normales et établissements privés de formation d’instituteurs.  


Aux côtés des experts, une quarantaine d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques ont donc préparé et retenu les blocs d’activités dont ils se serviront dans le cadre de leurs actions de formation initiale et continue. 



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