Porteur de projet : Marcelline Djeumeni-Tchamabe
Établissement(s) partenaire(s) : Université de Yaoundé I
Statut : Terminé
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Le travail décent, essentiel pour garantir des conditions de sécurité, de dignité et de justice, constitue un enjeu crucial dans le domaine de l’éducation, particulièrement au Cameroun où les conditions de travail des enseignants du primaire sont régulièrement décriées. Cette étude explore l’hypothèse selon laquelle le travail décent est un levier clé pour la rétention des enseignants. S’inscrivant dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) 4 et 8, qui lient l’éducation de qualité à l’amélioration des conditions de travail, elle analyse les défis structurels et contextuels auxquels les enseignants font face.


1. Contexte et enjeux


Au Cameroun, les conditions de travail des enseignants du primaire sont marquées par une forte précarité, traduite par des bas salaires, des inégalités de statut, une surcharge de travail et un accès limité aux services sociaux. Cette situation engendre grèves, abandons de poste et démotivation. L’étude part du postulat que le travail décent est un facteur déterminant de rétention dans la profession, en lien avec les ODD 4 (éducation de qualité) et 8 (travail décent).


2. Objectifs de la recherche


L’étude vise à analyser l’influence des dimensions du travail décent (rémunération, gestion de carrière, formation, environnement de travail et accès aux services sociaux) sur la rétention des enseignants du primaire. Elle ambitionne aussi de proposer un modèle stratégique de gestion résiliente de la carrière enseignante au Cameroun.


3. Méthodologie


La recherche a adopté une approche mixte, quasi-expérimentale et participative. Elle a été menée dans six régions (Centre, Littoral, Nord-Ouest, Extrême-Nord, Est et Ouest) auprès de 1 028 enseignants du primaire et 195 acteurs impliqués (responsables du MINEDUB, directeurs d’écoles, formateurs, inspecteurs, syndicalistes, parents et élèves). Les données ont été recueillies par questionnaires, entretiens et observations, puis analysées avec des méthodes qualitatives et quantitatives (SPSS et Excel).


4. Résultats majeurs


Les résultats montrent que la rémunération insuffisante est le premier facteur d’attrition, suivie par la charge de travail, les effectifs élevés et l’accès limité aux services sociaux. La précarité est particulièrement forte en début de carrière, où plus de la moitié des enseignants gagnent moins de 60 000 FCFA. Pour y faire face, 42 % développent des activités génératrices de revenus (cours de répétition, agriculture, commerce). La formation initiale et continue est globalement jugée satisfaisante et contribue positivement au maintien. L’analyse révèle que les enseignants insatisfaits de leurs conditions de travail et de leur reconnaissance sociale sont les plus enclins à quitter la profession.


5. Conclusion et perspectives


L’étude met en évidence l’urgence de revaloriser la rémunération, de réduire la charge de travail, d’améliorer l’environnement professionnel et de renforcer l’accès aux services sociaux pour retenir les enseignants. Elle propose un modèle stratégique de gestion résiliente de la carrière, reposant sur la collaboration entre l’État, les communautés éducatives et les enseignants eux-mêmes. Ces recommandations ouvrent la voie à des politiques plus inclusives et durables pour stabiliser et valoriser le métier d’enseignant au Cameroun.

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