Porteur de projet : Nourou Mohammadou
Établissement(s) partenaire(s) : Université de Ngaoundéré
Statut : Terminé
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Cette étude explore les dynamiques d’engagement, de maintien et de départ des enseignant·e·s au Cameroun dans un contexte marqué par une forte hétérogénéité statutaire et une iniquité organisationnelle et sociale. Entre titulaires bénéficiant d’une sécurité professionnelle et enseignants de circonstance exerçant dans la précarité, le métier se vit de manière contrastée, souvent plus comme un emploi par nécessité que comme une vocation. À travers une enquête qualitative menée dans cinq régions (les régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-nord, du Littoral et de l’Ouest), l’analyse met en lumière les motivations, obstacles et stratégies d’adaptation propres à chaque profil, ainsi que les réponses institutionnelles et communautaires. Les résultats révèlent des conditions de travail difficiles, une marginalisation sociale persistante et des signaux de détresse appelant à des politiques urgentes de protection, de reconnaissance et d’amélioration du statut enseignant.

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1. Contexte et enjeux

Au Cameroun, l’enseignant·e est reconnu·e par la loi comme garant·e de la qualité de l’éducation. Cependant, la profession est marquée par une forte hétérogénéité statutaire :

  • Enseignant·e·s titulaires (fonctionnaires) et non titulaires (contractuel·le·s, communaux·les) bénéficiant d’une sécurité d’emploi et d’avantages sociaux.
  • Enseignant·e·s de circonstance (vacataires, bénévoles, maîtres/maîtresses des parents) travaillant souvent dans une précarité juridique et professionnelle.
    Cette diversité engendre une iniquité organisationnelle et sociale qui affecte la santé mentale et l’engagement professionnel, dans un contexte de confusion entre « métier » et « emploi » d’enseignant·e.

2. Objectifs de la recherche

  • Identifier les motifs d’engagement, de maintien et de départ pour chaque profil/statut d’enseignant·e.
  • Comprendre les obstacles et stratégies d’adaptation au maintien dans le métier.
  • Examiner les réponses institutionnelles et communautaires.
  • Proposer des pistes d’amélioration pour la formation initiale et continue, et pour l’accompagnement professionnel adapté à chaque statut.

3. Méthodologie

  • Approche qualitative en deux phases.
  • Collecte de 101 entretiens avec enseignant·e·s de tous profils/statuts dans 4 régions (Est, Extrême-Nord, Littoral, Ouest), suivie de 19 entretiens avec administrateurs et 5 groupes de discussion régionaux.
  • Représentation équilibrée du public, du privé, et des sous-systèmes francophone, anglophone et bilingue.
  • Analyse empirique, lexicale et sémantique des données pour catégoriser motivation, démotivation et transmotivation.

4. Résultats majeurs

  • L’entrée dans le métier se fait souvent par nécessité économique plutôt que par vocation.
  • Les conditions de travail difficiles, la marginalisation sociale et la précarité statutaire limitent le maintien, surtout pour les enseignants de circonstance.
  • Stratégies d’adaptation : activités parallèles génératrices de revenus et espoir d’un avenir meilleur, mais au prix d’une assiduité réduite.
  • Le départ du métier est souvent motivé par l’obtention d’une meilleure opportunité.
  • Réponses observées : formations continues pour les titulaires, reconnaissance sociale encouragée par l’État, soutien matériel ponctuel de la communauté éducative (APEE, élites locales).

5. Conclusion et perspectives

  • La démotivation et la transmotivation observées sont moins des signes d’incivilité que des signaux de détresse et d’appel à l’aide.
  • Urgence d’améliorer le statut professionnel, la rémunération et la protection des droits des enseignant·e·s, en particulier les plus précaires.
  • Nécessité de politiques de protection rapprochée pour garantir un travail décent et réduire les inégalités statutaires.

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