Les élèves qui entrent aujourd’hui au collège exerceront demain des métiers qui évoluent rapidement. Pour les y préparer, la Côte d’Ivoire a engagé une réforme de ses programmes. Les nouveaux curricula sont d’abord expérimentés dans une cinquantaine d’établissements afin d’en mesurer les effets avant toute généralisation. Cette période de transition soulève aussi une autre question : comment accompagner les équipes éducatives appelées à faire vivre ces évolutions ? C’est pour y répondre que le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation et le programme APPRENDRE ont élaboré un plan de travail pour 2026-2027.


Avant d’étendre les nouveaux programmes à l’ensemble du pays, le ministère souhaite prendre le temps de les tester. Les retours des équipes éducatives permettront d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et d’apporter les ajustements nécessaires avant leur généralisation. Ces programmes accordent davantage de place au raisonnement, à la résolution de problèmes et aux compétences que les élèves mobiliseront dans leur parcours scolaire et dans leur vie quotidienne. Leur mise en œuvre demande aussi de faire évoluer certaines pratiques d’enseignement, les outils utilisés en classe et les modalités d’évaluation.

Pour accompagner ces évolutions, le ministère de l’Éducation nationale et le programme APPRENDRE ont arrêté une feuille de route pour la période 2026-2027. Elle ne porte pas sur la réforme des programmes elle-même, mais sur plusieurs conditions qui favoriseront sa mise en œuvre dans les établissements.

Le plan de travail s’articule autour de deux axes.

Le premier concerne l’accompagnement des établissements. Il prévoit notamment l’élaboration de guides pour repérer les besoins de formation des équipes, la création de communautés de pratique réunissant les cheffes et chefs d’établissement ainsi qu’un appui aux classes spéciales en mathématiques.

Le second porte sur le pilotage du système éducatif. Il commencera par un diagnostic destiné à mieux comprendre les besoins du ministère et des services déconcentrés. Les résultats serviront à définir les priorités de la coopération entre 2026 et 2027 et à développer des outils d’aide à la décision.


Réunion de travail avec Moustapha Sangare, Directeur de cabinet, et Jean Arnaud Ngoran Kouakou, Directeur de cabinet adjoint du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET), en présence de Naminata Doukouré Nurudine, Directrice de la Direction de la pédagogie et de la formation continue (DPFC), d’Adeline Fournier, Coordinatrice du programme APPRENDRE, de Ndèye Marie Carvalho, Responsable régionale du programme APPRENDRE, et de Jocelyne Bosson, Responsable du Bureau national de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).


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Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.