Le programme APPRENDRE de l’Agence Universitaire de la Francophonie publie son bilan 2018-2024 : un document essentiel qui retrace six années d’action au service de la qualité de l’éducation dans 26 pays francophones. Révélé à l’occasion du lancement officiel de la nouvelle phase du programme APPRENDRE en avril 2025, ce bilan permet de mesurer l’ampleur des appuis réalisés en matière de formation initiale et continue des enseignantes et enseignants, de recherche en éducation et de renforcement des capacités des institutions de formation.


Trois axes stratégiques mis en lumière dans le Bilan


Le Bilan 2018–2024 du programme APPRENDRE met en évidence une stratégie structurée autour de trois axes complémentaires, qui ont guidé l’ensemble des actions menées ces six dernières années :

  • Accompagner les institutions éducatives, en appui direct aux ministères pour concevoir, piloter et améliorer durablement les dispositifs de formation.
  • Renforcer les compétences des formatrices et formateurs du personnel enseignant.
  • Soutenir la recherche en éducation, pour éclairer les politiques publiques et faire émerger des solutions adaptées aux contextes locaux.

Le document revient en détail sur les avancées concrètes dans chacun de ces domaines, à travers des exemples, des résultats chiffrés et plus de 80 témoignages d’actrices et d’acteurs engagé(e)s.


Vers une nouvelle phase du programme


Ce bilan marque une étape clé dans le cycle de vie du programme APPRENDRE. Il alimente la réflexion collective engagée pour définir les priorités de la nouvelle phase 2025–2030, qui visera à consolider les acquis, adapter les réponses aux besoins émergents, et renforcer encore davantage la qualité de la formation des enseignantes et enseignants dans l’espace francophone.

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.