Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Rebecca Pinhas, responsable de projets du programme APPRENDRE, Donjul Tchi-Ngoma, représentant de l’AUF au Congo, et Julien Hautier, spécialiste en éducation, ont rencontré les équipes du ministère pour préparer le prochain plan de travail. Une réunion présidée par la directrice de cabinet du MEPPSA a permis de poursuivre les échanges sur les priorités nationales.


De nouveaux programmes, et tout un accompagnement à organiser


Le système éducatif congolais traverse une période de réformes. Après les États généraux de l’éducation de 2024, le pays poursuit notamment la révision de ses programmes scolaires et prépare un nouveau cadre pour l’encadrement et l’évaluation pédagogique.

Parmi les évolutions engagées figure le passage vers l’approche par compétences. Cette orientation concerne directement la façon de préparer les cours, de faire travailler les élèves et d’évaluer leurs acquis. Elle appelle également une adaptation des activités de formation proposées aux enseignantes et enseignants.

Au Congo, cet accompagnement s’appuie notamment sur les groupes d’animation pédagogique (GAP), qui permettent de travailler collectivement sur les pratiques d’enseignement, avec l’appui des inspections et des conseillères et conseillers pédagogiques.

Le prochain plan APPRENDRE envisage de renforcer leur fonctionnement, en commençant par un diagnostic de leur organisation actuelle. Ce travail prendra également en compte les dispositions du nouveau code de l’encadrement pédagogique.


Classes pléthoriques, inclusion, nouvelles méthodes : trois priorités pour les groupes d’animation pédagogique


Les travaux envisagés portent sur trois sujets directement liés à la vie des établissements : l’évolution des approches pédagogiques, la gestion des classes à effectifs pléthoriques et l’éducation inclusive.

L’observation et l’analyse des pratiques de classe devraient alimenter les activités des GAP. Les équipes pourraient ainsi examiner les méthodes utilisées, les difficultés rencontrées pendant les séances et les adaptations pédagogiques possibles.

Pour organiser ce travail, la proposition présentée lors de la mission prévoit des manuels de fonctionnement et des outils d’animation distincts pour le primaire et le collège. Ils préciseraient notamment le rôle des différentes personnes participantes, l’organisation du travail collectif et les possibilités de collaboration en présentiel ou à distance.

Un premier groupe d’inspectrices, d’inspecteurs et de conseillères et conseillers pédagogiques serait ensuite formé pour expérimenter ces modalités. Les retours recueillis serviraient à améliorer les outils et à préparer les étapes suivantes.


Le numérique au service de la formation des enseignantes et enseignants


La mission s’est également inscrite dans les travaux engagés par le Congo autour de sa feuille de route nationale 2026-2030 pour la digitalisation de l’éducation.

Le programme APPRENDRE avait déjà contribué, lors de sa précédente phase, à la production de guides sur les usages pédagogiques des technologies, à l’élaboration d’un cahier des charges pour un environnement numérique de travail et à la conception de modules de formation en ligne pour les directions d’établissement.

Les échanges ont permis d’examiner la place que pourraient prendre les prochaines activités du programme dans la mise en œuvre de la feuille de route nationale, en tenant compte des initiatives déjà engagées.


Des interventions à articuler avec les actions des autres partenaires techniques et financiers


La préparation du prochain plan intervient dans un secteur où plusieurs partenaires accompagnent déjà les réformes éducatives. La mission a ainsi donné lieu à des échanges avec la Banque mondiale, l’UNESCO, l’UNICEF, et l’Ambassade de France, afin de mieux articuler les prochaines activités du programme APPRENDRE avec les interventions en cours.

La Banque mondiale, à travers le programme TRESOR, intervient notamment sur l’enseignement de la lecture et des mathématiques au primaire, avec des travaux portant sur les programmes, les manuels scolaires et la formation.

L’UNESCO accompagne également la réforme des programmes et les travaux relatifs à la programmation sensible au genre, tandis que l’UNICEF intervient notamment dans le préscolaire et l’élaboration d’outils destinés aux inspections.

Ces interventions ont été examinées lors de la mission afin d’inscrire les prochaines activités APPRENDRE dans les orientations nationales et de tenir compte des travaux déjà menés avec les autres partenaires.


UNICEF
Banque Mondiale
Service de Coopération et d’Action Culturelle français
Agence Universitaire de la Francophonie

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