L’école nationale de formation initiale et continue des enseignants de Mouyondzia a servi de cadre au lancement des travaux qui ont rassemblé 12 directrices et directeurs d’écoles et de collèges. Les participants ont été accompagnés par deux experts : Danièle Houpert, consultante en éducation et formation, et Joseph Mfoundou, Enseignant-chercheur chargé de cours à l’Ecole Normale Supérieure (E.N.S) et à l’Institut Supérieur d’Education physique et Sportive (ISEPS) de l’Université Marien Ngouabi.

Au Congo, il n’existe pas de programme de formation initiale ou continue pour les chefs d’établissement : ce sont des enseignants qui sont prélevés des classes et désignés pour endosser ce rôle. Or, avec le processus de décentralisation, le chef d’établissement aura à l’avenir une posture de plus en plus importante, et devra participer de façon proactive au développement professionnel de son école.   

Face aux besoins de ce corps professionnel, le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation (MEPSA) a sollicité l’appui d’APPRENDRE pour produire un référentiel métier et des modules de formation en gestion des établissements, au niveau administratif (ressources humaines, financières et matérielles) et au niveau pédagogique. 



Du 14 au 18 novembre 2022, Danièle Houpert et Joseph Mfoundou ont encadré la conception du référentiel métier ainsi que de des modules de formation portant sur les éléments suivants :  

  • la gestion administrative et financière d’un établissement ;  
  • la gestion de la vie scolaire ;  
  • le projet d’établissement ;  
  • la gestion numérique de l’établissement ;  
  • l’accompagnement pédagogique et le suivi des enseignants ; 
  • la promotion des communautés d’apprentissage. 
     
     

Afin de proposer une solution de formation accessible au plus grand nombre, le Ministère a opté pour la mise en place d’un dispositif de renforcement des capacités à distance. Tous les modules produits seront donc très bientôt déposés en ligne. 

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.