Du 28 octobre au 1er novembre 2024, APPRENDRE a lancé un atelier sur le développement du travail collaboratif au sein des équipes enseignantes aux Comores. L’objectif de l’atelier était de former des inspecteurs, des conseillers pédagogiques, des chefs d’établissement et des formateurs sur les principes de la collaboration professionnelle. Cet atelier marque le début d’une initiative en deux phases. Suite à cette semaine de formation, les participants bénéficieront d’un accompagnement qui s’étendra de 2024 à 2025, afin de soutenir la mise en œuvre de projets collaboratifs dans 26 établissements répartis sur les îles d’Anjouan, Ngazidja et Mohéli.


Deux phases de formation pour des résultats durables 


Durant ces cinq jours, inspecteurs, conseillers pédagogiques et chefs d’établissement ont eu l’occasion d’explorer les avantages du travail collaboratif, tels que le partage des connaissances, le renforcement du leadership et l’amélioration de la cohésion au sein des équipes pédagogiques. Les formateurs ont également introduit des outils cruciaux pour établir des Communautés d’Apprentissage Professionnelle (CAP) dans les établissements. 


Au cours des mois à venir, les participants auront la responsabilité de constituer des équipes pédagogiques au sein de leurs établissements, afin de travailler sur des thèmes spécifiques telles que l’intégration des technologies en classe, l’évaluation ou encore l’inclusion des élèves à besoins spécifiques.  

Ils seront guidés dans cette tâche par deux expert(e)s : Jeanne Rey, experte du Groupe Thématique d’Expertise (GTE) axé sur le travail collaboratif, et Issihaka Mdoihoma Mbaé, Inspecteur Pédagogique. 

Ce nouveau projet offre une approche novatrice de l’accompagnement pédagogique aux Comores. En encourageant la collaboration, le pays souhaite renforcer la motivation des enseignants et réduire leur sentiment d’isolement, tout en recentrant les pratiques pédagogiques sur les élèves. 

Les premiers retours des participants témoignent d’un enthousiasme général. Pour Chan An Bany Moussa, conseiller pédagogique, « Dans le contexte comorien, où les ressources humaines au sein de l’inspection pédagogique sont limitées, la CAP est un dispositif qui insufflera un nouvel élan à l’amélioration des pratiques des enseignants. Nous avons grandement apprécié les contenus pédagogiques et les échanges. Je recommande d’élargir cette formation à d’autres encadreurs pédagogiques. »

Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.