Lors de notre premier article sur l’inclusion, vous avez été plusieurs à avoir un intérêt marqué pour les pratiques d’enseignement favorisant l’inclusion, particulièrement auprès des élèves ayant des difficultés d’apprentissage. Dans cet article, nous définissons ce concept et proposons des stratégies concrètes et adaptées à la diversité inhérente à toute classe pour soutenir ces élèves.


Quand apprendre devient un défi


Tous les matins, les élèves se préparent à aller à l’école pour apprendre et développer leur plein potentiel. Pour certains, le chemin de l’apprentissage est facile et agréable; pour d’autres, il est semé d’embûches : incompréhension, difficultés d’apprentissage, et obstacles pédagogiques. De nombreux enseignants et enseignantes jonglent quotidiennement avec le défi d’accompagner plusieurs élèves aux prises avec des difficultés d’apprentissage.

Vous avez été nombreux à vouloir vous attarder sur les difficultés d’apprentissage en contexte d’inclusion lors de notre dernier sondage. C’est pourquoi nous prenons un temps pour définir cette expression.

Tableau 1. Pourcentage des préférences de thématiques touchant l’inclusion


Difficulté d’apprentissage : une définition


Selon Gosselin et Rousseau (2003), une difficulté d’apprentissage survient lorsqu’un élève peine à progresser dans ses apprentissages selon les attentes prescrites dans les programmes de formation. Ces difficultés sont souvent liées à des facteurs externes ou pédagogiques et sont temporaires, contrairement aux troubles d’apprentissage, qui sont d’origine neurodéveloppementale.  

Par exemple, Aziz peine à décoder les mots ou à comprendre le sens d’un texte malgré des explications. L’intensification de la pratique, ou encore une nouvelle manière d’aborder la lecture pourrait résoudre la difficulté. En mathématiques, Koffi a de la difficulté à mémoriser ses tables de multiplication. Son enseignante lui fait remarquer qu’il y a une régularité dans les réponses, qui se terminent par 0 et 5, et qu’il peut compter par bonds de 5.


Comment venir en aide devant de nombreuses difficultés d’apprentissage en classe ?


Lorsque de nombreux élèves sollicitent l’attention et ont des besoins variés, quelles sont les meilleures pratiques pédagogiques à privilégier, afin de soutenir les difficultés d’apprentissage de nos élèves ?

La Conception Universelle de l’Apprentissage (CUA)

La conception universelle de l’apprentissage  invite le personnel enseignant à proposer dès la planification plusieurs moyens d’expliquer, présenter et engager la totalité des élèves. Prenons l’exemple de monsieur Demba, qui s’assure de présenter les additions de plusieurs manières à ses élèves, afin d’augmenter les chances que toute la classe apprenne :

  • Par des explications verbales;
  • Par des dessins;
  • Par la manipulation d’objets (petites roches, crayons etc.);
  • Par la participation active des élèves (mettre des élèves devant la classe, en ajouter pour illustrer l’addition).

Le module “Pratiques inclusives de différenciation pédagogique et de la conception universelle de l’apprentissage (CUA)” propose des ressources, des guides pour planifier des activités inclusives. Cliquez ici pour le consulter.


Différencier : plusieurs chemins pour atteindre le même objectif


La différenciation pédagogique invite le personnel enseignant à proposer de nombreux chemins afin que les élèves atteignent le même but. Dans sa classe, madame Koffi offre la possibilité à ses élèves de réaliser de manière différente leur projet de sciences :

  • certains réalisent une affiche explicative,
  • d’autres créent un quiz,
  • certains travaillent sous forme de devinettes,
  • d’autres préfèrent une entrevue.

Source : HEC Montréal

Ce qui est certain, c’est qu’en plus d’atteindre de manière différente la compréhension de la matière, la motivation des élèves sera très élevée !


Les piliers qui optimisent l’apprentissage


Il existe aussi de nombreux leviers qui optimisent l’apprentissage des élèves et qui se regroupent en quatre grandes catégories : l’attention des élèves, l’implication des élèves, la compréhension et l’intégration des apprentissages.

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Source : HEC Montréal


 Monsieur Coulibaly s’assure, lorsqu’il débute son enseignement, de susciter la curiosité de ses élèves, de les impliquer dans leurs apprentissages. Monsieur Coulibaby a pris conscience que lorsqu’il explicite ses réflexions et ses manières de résoudre des problèmes, cela augmente la compréhension de ses élèves. Enfin, l’enseignant prend toujours un temps afin de consolider les apprentissages pour s’assurer d’une belle intégration de ces derniers.

Enfin, de nombreux sites proposent des ressources intéressantes qui favorisent l’inclusion en contexte scolaire. Pourquoi ne pas explorer pour en savoir un peu plus ? À votre clavier!


Dominique Hébert, D.éd., spécialiste de l’éducation, Québec, Canada, experte du Groupe Thématique d’Expertise APPRENDRE « Genre et inclusion »


Lire les précédents articles du groupe d’expertise “Genre et inclusion”


“Construire des classes inclusives : réflexions et pratiques issues du terrain”

“L’inclusion en éducation : quatre questions pour agir”


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