Afin d’améliorer les pratiques enseignantes, la République démocratique du Congo souhaite privilégier un accompagnement de proximité. Ce suivi individualisé passe par les Chefs d’établissement, qui doivent animer au sein de leur école des Cellules de Base de formation continue. Ils peuvent être appuyés dans cette tâche par leurs adjoints, des conseillers d’enseignement ou des inspecteurs itinérants. En août 2024, APPRENDRE a organisé un atelier visant à construire des outils de formation qui pourront être utilisés par ces acteurs. 

Qu’est-ce que les Cellules de base ? 


Les Cellules de base sont des structures d’autoformation mises en place dans les écoles en vue de renforcer les compétences des enseignants. Ce sont également des espaces de partage d’expériences et de recherche de solutions aux difficultés rencontrées lors de l’enseignement-apprentissage. 


Comment fonctionnent les Cellule de Base ? 


Au sommet des Cellule de base se trouvent les Chefs d’établissement. Dans certains cas, il peuvent déléguer des tâches à leur adjoint chargé de la pédagogie (conseiller pédagogique) ou à un enseignant expérimenté. Toutefois, ces délégués doivent toujours agir de concert avec les Chefs d’établissement et sous leur supervision.  

A la base se trouvent les enseignants qui sont regroupés en Unités Pédagogiques, par niveau ou degré pour l’enseignement primaire, et par discipline ou par groupe de disciplines apparentées pour l’enseignement secondaire.  

Les Chefs d’établissement désignent à la tête de chaque unité un responsable appelé « Chef de l’unité pédagogique ». C’est un enseignant qualifié, compétent, expérimenté et capable d’assurer les responsabilités de formation et d’encadrement.  

Les école dans les milieux à forte densité scolaire et à faible capacité d’encadrement (insuffisance des enseignants qualifiés, manque des moyens didactiques) sont jumelées et rassemblées par Unités Pédagogiques. C’est ce qu’on appelle un Réseau d’Écoles de Proximité.  


Redynamiser les Cellules de Base 


Bien que ces Cellules existent, leur fonctionnement et leurs activités doivent être formalisées. C’est dans cet objectif que le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel a fait appel au programme APPRENDRE.  



Les experts Denis Ballini et Faustin Mangi Nkanda ont collaboré pour élaborer une formation qui a été suivie par 38 personnels de l’éducation, du 4 au 9 août 2024, à Kinshasa. 






Des cadres du Ministère avaient déjà été sensibilisés en 2021 et 2022 à l’Observation et l’Analyse des Pratiques Enseignantes par le programme APPRENDRE.

Sur la base des précédents ateliers, les participants ont identifié des stratégies d’animation et d’organisation des cellules de base, et ont élaboré une grille d’observation de classe. Cette grille pourra être remplie par les chefs d’établissement, les inspecteurs et les conseillers pédagogiques pour analyser les pratiques des enseignants. Elle pourra également être utilisée par les enseignants souhaitant s’auto-évaluer. 

Parmi les éléments qui doivent être observés : les aspects relationnels, pédagogiques, didactiques et les aspects liés à la gestion de classe. 

Formation à Kinshasa, août 2024

Faustin Mangi Nkanda précise toutefois que la visite de classe effectuée par le chef de la Cellule de Base ne doit pas être confondue avec l’inspection pédagogique : “Elle devra porter, en priorité, sur les outils de formation et les moyens didactiques disponibles. Il s’agit, en fait, de s’assurer que les outils de formation et les moyens didactiques sont réellement utilisés et traduits dans un langage scolaire adéquat, et de mesurer l’impact du Service National de la Formation (SERNAFOR) sur la qualité de l’enseignement. La visite d’encadrement fera l’objet d’un rapport et sera suivie d’un bref échange de vues. Elle n’appelle pas de cotation. Elle s’arrête aux observations et conseils.” 

Dans les prochaines semaines, la grille d’observation va être expérimentée sur le terrain avec des chefs d’établissement.  


Cliquez ici pour en savoir plus sur les activités du programme en RDC. 

Actualités récentes

PASEC2024 : que nous disent les résultats sur les apprentissages et la formation des enseignantes et enseignants en Afrique ?

Le 22 octobre 2026, à Dakar, le programme APPRENDRE a répondu à l’invitation de la CONFEMEN pour découvrir les résultats du PASEC2024. Comment les apprentissages ont-ils évolué en onze ans ? Quelles connaissances les enseignantes et enseignants maîtrisent-ils réellement dans les disciplines qu’ils enseignent ? Que révèlent les écarts de résultats entre établissements sur les inégalités scolaires ? Les trois rapports présentés dressent un tableau contrasté des systèmes éducatifs et ouvrent de nouvelles pistes de réflexion sur la formation et l’accompagnement pédagogique.

Bénin : la recherche-action « Agir pour la promotion d’écoles béninoises inclusives et sensibles au genre » (APEBISG) présentée au Togo

Au Bénin, neuf établissements scolaires vont servir de terrain d’expérimentation à une recherche sur les liens entre gouvernance scolaire et pratiques pédagogiques inclusives. Le 6 octobre 2026, aux Journées scientifiques internationales de Lomé, au Togo, le Dr Clément Coovi Bah, de l’Université d’Abomey-Calavi, a présenté les fondements de cette démarche et les étapes prévues sur le terrain. Intitulée « Agir pour la promotion d’écoles béninoises inclusives et sensibles au genre » (APEBISG), cette recherche-action bénéficie du soutien scientifique et financier du programme APPRENDRE. Visionnez sa présentation dans la suite de l’article.

Maroc : après le décrochage scolaire, quelle deuxième chance pour les filles vulnérables ?

Selon de récents rapports du ministère de l’Éducation nationale, près de 280 000 élèves ont quitté l’école au Maroc dont environ 160 000 au niveau du collège. Les Écoles de la Deuxième Chance – Nouvelle Génération (E2C-NG) leur offrent une voie de retour vers la formation et l’emploi. Mais pour les filles, les difficultés qui ont interrompu une première scolarité peuvent continuer à peser sur la suivante. Dans douze centres de Casablanca-Settat et Marrakech-Safi, 300 jeunes vont participer à une recherche consacrée à ce qui permet réellement de raccrocher. Elle bénéficie du soutien scientifique et financier du programme APPRENDRE.