Les déterminants de l’entrée et maintien dans le métier d’enseignements primaire et secondaire dans la province du Sud-Kivu
1. Contexte et enjeux
Cette recherche, conduite par le Centre d’Excellence Denis Mukwege, s’intéresse aux conditions d’entrée, de maintien et d’attrition dans le métier d’enseignant dans la ville de Bukavu et en territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu. L’enjeu central est de comprendre les dynamiques de motivation et de décrochage afin de proposer des politiques d’amélioration de la qualité éducative.
2. Objectifs de l’étude
- Identifier les motivations à l’entrée et au maintien dans le métier d’enseignant.
- Comprendre les facteurs d’attrition (abandon de la profession).
- Analyser l’influence des caractéristiques individuelles et institutionnelles (âge, sexe, statut marital, niveau d’études, localisation, mode de gestion scolaire).
- Déterminer les effets de l’attrition sur le système éducatif local.
- Formuler des politiques adaptées pour renforcer la professionnalisation et la stabilité du corps enseignant.
3. Méthodologie
- Approche mixte : qualitative et quantitative.
- Enquête menée auprès de 780 enseignants en fonction, 180 enseignants ayant quitté le métier, et 22 autorités/gestionnaires d’écoles.
- Répartition sur 6 pools éducationnels : Bukavu 1, 2, 3 et 4, Kabare 1 et 2.
- Analyse des variations selon profils sociodémographiques, cycles scolaires et contextes géographiques.
4. Résultats principaux
- Motivation principale à l’entrée et au maintien : rendre service à la communauté.
- Facteurs majeurs d’attrition : faibles salaires (cause centrale), conditions de travail précaires, problèmes de santé, discriminations.
- Hommes et jeunes (20-40 ans) quittent plus souvent que femmes et enseignants plus âgés.
- Les mariés et titulaires de diplômes D6 ou graduat sont plus enclins à quitter.
- L’attrition varie aussi selon le mode de gestion des établissements et leur localisation.
5. Conclusion et perspectives
L’étude appelle à des politiques structurelles pour améliorer la qualité de l’enseignement et réduire l’attrition, notamment :
- Révision de la politique salariale et amélioration des conditions de travail.
- Investissements dans le personnel, la formation continue et les infrastructures scolaires.
- Organisation plus efficace du recrutement et mécanisation des enseignants.
- Développement de l’usage des NTIC dans le système éducatif.
- Mise en place de dispositifs de maintien : augmentation salariale, meilleure prise en charge post-carrière (pension).
L’équipe prévoit aussi des publications scientifiques et communications internationales pour vulgariser et approfondir les résultats.