La Guinée souhaite que chaque enseignante et chaque enseignant se sente accompagné tout au long de l’année, et pas uniquement lors d’une formation. Cela passe par des repères communs d’une école à l’autre, davantage d’occasions d’échanger entre collègues, des équipes d’encadrement aux rôles bien identifiés et des actions de formation qui tiennent davantage compte de ce qui est vécu dans les classes. C’est ce cap qu’ont retenu le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation et le programme APPRENDRE jusqu’en 2027. Plus d’infos dans la suite de l’article. 

Rencontre entre l’équipe APPRENDRE et Dr Julien Bongono, Secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation de Guinée, en juin 2026. 


Le premier chantier du programme APPRENDRE consistera à établir un diagnostic de l’encadrement pédagogique. Qui accompagne aujourd’hui les enseignantes et enseignants ? Les différentes structures interviennent-elles sur les mêmes sujets ou se répartissent-elles les rôles ? Les informations recueillies lors des visites de classe sont-elles suffisamment exploitées pour orienter les prochaines actions ? Ce travail doit permettre d’identifier les points d’appui existants et les ajustements nécessaires. 

La feuille de route prévoit ensuite de revoir les outils utilisés lors des visites de classe afin que les enseignantes et enseignants reçoivent des conseils fondés sur les mêmes repères, quel que soit leur lieu d’exercice. Un manuel précisera également le rôle de chaque structure. Chacune saura plus clairement à quel moment elle intervient et comment son action s’articule avec celle des autres.  

Autre priorité : les communautés d’apprentissage de pratiques (CAP). L’objectif est de créer davantage d’occasions pour que les enseignantes et enseignants échangent entre collègues autour de situations vécues dans leurs classes, comparent les solutions trouvées par les uns et les autres et repartent avec des idées qu’ils pourront tester à leur tour. Un guide précisera comment les organiser et les animer. 

Enfin, le Service national de la formation continue du personnel enseignant (SNFCPE) et l’Inspection générale de l’éducation disposeront de nouveaux outils pour mieux suivre les besoins des écoles et préparer les actions de formation continue. L’objectif est que les décisions prises demain s’appuient davantage sur ce qui est observé aujourd’hui dans les classes. 


Actualités récentes

Congo : de nouveaux programmes scolaires, et tout un accompagnement pédagogique à repenser

Au Congo, la réforme des programmes scolaires invite aussi à revoir la façon dont les enseignantes et enseignants sont accompagnés dans leur métier. Classes surchargées, passage à l’approche par compétences, éducation inclusive : ces sujets pourraient nourrir davantage le travail des groupes d’animation pédagogique (GAP), des temps de formation où les équipes enseignantes, accompagnées par les inspections, examinent leurs façons de faire cours, confrontent leurs expériences et travaillent sur les problèmes rencontrés avec les élèves. Du 19 au 22 octobre 2026, une équipe du programme APPRENDRE s’est rendue au Congo pour préparer, avec le ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), les prochaines activités au primaire et au collège. Ce déplacement a également permis de rencontrer plusieurs partenaires du secteur éducatif.

Quand les élèves reprennent goût aux maths et aux sciences : l’expérience de Maurice partagée en Tunisie

À Maurice, des élèves qui rencontraient des difficultés en mathématiques ont réussi à résoudre des problèmes qui leur posaient jusque-là des difficultés, tout en participant davantage aux échanges en classe. Dans un établissement secondaire, 36 élèves ont choisi de continuer à étudier les sciences au lycée, contre une dizaine au maximum les années précédentes. Derrière ces évolutions encourageantes, des équipes éducatives qui ont cherché ensemble à mieux comprendre les difficultés de leurs élèves et à faire évoluer leurs façons d’enseigner. Ce travail s’est organisé autour de six communautés de pratique, créées en 2025 dans douze établissements mauriciens avec le soutien du programme APPRENDRE. Les équipes se sont appuyées sur la recherche pour mener leurs expérimentations. Deux de ces expériences, consacrées aux mathématiques et aux sciences, ont été présentées le 1er novembre 2026 au Forum tunisien pour l’éducation.

PASEC2024 : pourquoi les filles restent-elles désavantagées en mathématiques ?

En Afrique subsaharienne francophone, les résultats des élèves en mathématiques dessinent une géographie contrastée des inégalités entre filles et garçons. D’un pays à l’autre, les écarts changent de sens et d’ampleur. Les stéréotypes de genre, les manuels scolaires et les habitudes de classe peuvent influencer la confiance des filles et leur rapport aux mathématiques.

Asifa Salehmohamed, experte du programme APPRENDRE, examine les facteurs qui contribuent à ces inégalités et propose plusieurs pistes pour les réduire en classe. Titulaire d’un master en éducation de l’Université de Cambridge, elle est chargée de cours spécialisée dans la formation des enseignantes et enseignants à Maurice.